L’été s’effondre

Et quand tu me regardes avec tes grands yeux tristes, il me semble que toutes les étoiles du ciel me regardent aussi et mon coeur éclate. Tu te souviens? Je m’excuse de t’avoir laissé tout seul quand la police t'avait attrapé à la piscine après minuit un soir. Même si ça fait 10 ans, j’y pense encore des fois. Je me dis que si t’étais devant moi dans les moments où j’y pense, je te prendrais dans mes bras en pleurant. J’ai été une mauvaise amie ce jour-là, pardon. Je me console en repensant à la fois qu’on a passé six heures à regarder météomédia, non-stop, dans une chambre de motel à Tadou trop gelé su’l mush. C’était tellement rushant que c’est devenu beau. C’est devenu mon plus beau souvenir avec toi. L’anecdote qu’on raconte trop souvent. Un moment que je revivrais. Peux-tu croire à ça. Tout seuls dans notre délire on était à l'abri du monde. C’est pas un sentiment que j’ai eu souvent depuis. J’aimerais ça retourner là, des fois. Avant les albums, avant trop de tournées, avant la maladie, avant mon bébé grand amour de ma vie. J’aimerais refeeler encore pour vrai le toute la vie devant soi, la peur qui n’est pas là, même pas un peu. Fumer encore la cigarette dans les parcs tard. Maintenant je chiale après les fêtards sur le terrain de pétanque devant ma maison et j’ai une pensée pour les habitants en périphérie du parc Laurier qui doivent ben crever par en dedans tous les soirs de juin et juillet et août et septembre. Maintenant, j’attends que l’été s’effondre pour enfin pouvoir fermer ma fenêtre et dormir en paix. Je m’hais. Mais c’est ça. I need to sleep. Fuck you all, with love  xxx

Fanny Bloom